Les projections ne résistent que rarement aux réalités du terrain et encore plus en Coupe du Monde. Quelques heures après la surprise saoudienne face à l'Argentine (2-1), la Tunisie a brillamment entamé sa compétition alors qu'on lui prédisait déjà la défaite avant même que ça ne commence.
En même temps, l'adversaire en face avait de quoi impressionner. Demi-finaliste de l'Euro 2020, la sélection sortait d'une brillante campagne de qualification finit à la première place avec 30 buts marqués pour seulement 3 encaissés et une Ligue des Nations solides où elle avait fait tomber par deux fois la France championne du monde en titre.
Pourtant, les Tunisiens auront fait mieux que défendre et s'ils n'ont pas su saisir leur chance pour l'emporter, ils ont su tenir dans une fin de match tendue et au coup de sifflet final accueillir comme une victoire ce nul le confortant dans l'idée qu'elle a un coup à jouer au Qatar.
Il faut dire que les hommes de Kadri ont montré de bien belles choses et ce dès le premier acte. Portés par un public venu nombreux dans le petit émirat, ils ont imposé un vrai combat au milieu du terrain et surtout appliqué un pressing ordonné et haut gênant la circulation danoise. Ce fut sur une de ses situations que Msakni glissa dans l'intervalle à Jebali. Dans la surface, l'attaquant tunisien se retrouva en face à face avec Schmeichel mais le perdit, voyant le portier danois détourner de la main droite son ballon piqué. A quelques minutes de la pause, la Tunisie venait de se procurer sa plus belle occasion, elle qui avait déjà fait passer un frisson quand sur un corner cafouillé par Kjaer et Meriah, Laidouni envoya une frappe lourde à droite du but danois, ou alors quand le même Jebali avait trompé le gardien de l'OGC Nice au bout d'une course folle. Un but finalement annulé pour un hors-jeu. Les Aigles de Carthage étaient les plus incisifs.
On se disait alors que l'exploit était possible d'autant que la seconde période repartait forte avec un débordement dès les premiers instants suivis d'un corner. Toutefois, ce furent bien les Danois qui se procurèrent la plus belle situation. Aux alentours de la 70ème minute de jeu, Eriksen profitait de l'espace accordé par l'axe central tunisien pour s'avancer à 20 mètres et armer du gauche. Sa frappe sans être renversante obligeait Dahmen à se déployer pour sortir le ballon en corner. Sur celui-ci, le capitaine de substitution après la sortie de Kjaer trouvait Christensen au second poteau. Prenant le dessus sur son adversaire, le défenseur du FC Barcelone croisait sa tête qui filait devant le but et allait heurter le poteau droit, non sans que Cornelius à bout portant ne manque de pousser le ballon dans les filets. Le Danemark venait de laisser passer sa chance et ses 11 corners n'y changeront rien. Gênés par la générosité adverse, ils n'ont jamais su prendre l'ascendant, peinant à s'appuyer sur un Dolberg invisible. Skov Olsen aura bien tenté d'apporter son enthousiasme mais aura été trop seul, quand Damsgaard n'a pas apporté grand chose au relais de Delaney, blessé au genou.
Au final, la vaillante Tunisie, portée par Meriah et Talbi, qui n'aura cadré qu'un seul de ses 12 tirs (contre 5 au Danemark) s'offre un point précieux face à un adversaire que beaucoup voyaient se qualifier sans le moindre mal dans ce Groupe D. Si ce nul lui permet d'y croire pour la suite, il insinue le doute chez les Danois et ouvre une porte inattendue à l'équipe de France, entrant en lice en fin de journée face à l'Australie.